- Le rachat de trimestres (versement pour la retraite) permet de compléter sa carrière quand des années d'études ou périodes faiblement rémunérées n'ont pas généré assez de trimestres.
- Ouvert entre 20 et 67 ans, dans la limite de 12 trimestres, il coûte de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros par trimestre selon l'âge et les revenus.
- Il devient intéressant surtout pour limiter la décote ou avancer son départ, rarement comme simple placement financier.
Qu'est-ce que le rachat de trimestres ?
Un salarié du secteur privé peut verser volontairement des cotisations pour que certaines périodes non cotisées soient malgré tout prises en compte dans le calcul de sa retraite. Ce mécanisme est aussi appelé versement pour la retraite (VPLR) et il est codifié à l'article L. 351-14-1 du code de la sécurité sociale.
Deux grandes situations ouvrent droit au rachat :
- les années d'études supérieures ayant donné lieu à l'obtention d'un diplôme, en France ou dans certains pays étrangers,
- les années civiles au cours desquelles l'activité professionnelle n'a pas permis de valider les quatre trimestres attendus, appelées années incomplètes. Il s'agit précisément des années où le salaire soumis à cotisations est resté inférieur au seuil requis pour valider chaque trimestre, que la personne ait travaillé toute l'année ou seulement une partie de celle-ci.
Un troisième cas existe pour les stages en entreprise effectués dans le cadre d'études supérieures depuis le 15 mars 2015, mais son fonctionnement diffère sur plusieurs points.
Qui peut demander un rachat, et pour combien de trimestres ?
| Type de période | Âge requis | Nombre maximal de trimestres |
|---|---|---|
| Années d'études supérieures | Entre 20 et 67 ans | 12 trimestres au total, motifs cumulés |
| Années incomplètes | Entre 20 et 67 ans | 12 trimestres au total, motifs cumulés |
| Stages en entreprise (dès le 15/03/2015) | Entre 25 ans et le 31 décembre de l'année des 30 ans | 2 trimestres |
Le plafond de 12 trimestres se partage entre plusieurs motifs qui peuvent se cumuler : années d'études, années incomplètes, périodes de sportif de haut niveau, périodes de mandat local. Une année civile ne peut jamais comptabiliser plus de 4 trimestres, rachat compris. La demande doit être formulée avant le dépôt du dossier de retraite.
D'autres périodes obéissent à des dispositifs distincts, hors du plafond de 12 trimestres et avec leurs propres règles : c'est le cas notamment des périodes d'apprentissage, d'activité comme assistant maternel entre 1975 et 1990, ou de certaines situations à coût réduit ouvertes aux enfants de harkis. Ces dispositifs ne sont pas détaillés dans la présente fiche.
Pour le rachat d'années d'études supérieures, une condition supplémentaire s'applique : l'Assurance retraite doit être la première caisse à laquelle la personne a cotisé après la fin de ses études.
Les deux options de rachat
Le rachat propose systématiquement un choix entre deux effets possibles sur la pension.
| Option | Effet sur le taux de liquidation | Effet sur le nombre de trimestres pris en compte |
|---|---|---|
| Option 1 (taux seul) | Oui, réduit ou supprime la décote | Non |
| Option 2 (taux et durée) | Oui | Oui, augmente aussi le coefficient de proratisation |
L'option 2 coûte plus cher que l'option 1 puisqu'elle produit un double effet sur le calcul de la pension. Un point mérite l'attention : les trimestres achetés par rachat ne sont jamais pris en compte pour l'examen des conditions d'un départ anticipé pour carrière longue.
Comment se calcule le coût d'un rachat
Le montant dépend de trois paramètres : l'âge de l'assuré au moment de la demande, la moyenne de ses revenus des trois dernières années, et l'option choisie. Plus la demande est formulée tardivement dans la carrière et plus les revenus sont élevés, plus le trimestre coûte cher. Les tarifs sont publiés chaque année par circulaire de la Cnav et actualisés en fonction du plafond annuel de la sécurité sociale.
Pour les périodes de stage en entreprise, le fonctionnement est différent : le tarif est forfaitaire, fixé à 481 euros par trimestre en 2026, et ces trimestres ne jouent que sur le taux de liquidation, jamais sur la durée d'assurance. Ce montant forfaitaire est réévalué chaque année et doit être vérifié pour l'année en cours avant toute démarche.
Il est recommandé d'utiliser le simulateur officiel avant toute demande, car le montant exact dépend d'éléments propres à chaque carrière.
Dans quels cas le rachat a-t-il un intérêt concret ?
Le rachat n'a de sens que si la personne présente réellement des trimestres manquants susceptibles de générer une décote ou de retarder son départ à taux plein. Sans ce constat préalable, l'opération n'apporte aucun avantage.
Il peut être pertinent notamment dans les situations suivantes :
- lorsque quelques trimestres seulement manquent pour atteindre le taux plein, le rachat en option 1 peut suffire à annuler la décote pour un coût limité,
- lorsque l'assuré souhaite avancer sa date de départ tout en conservant une pension à taux plein, l'option 2 augmente à la fois le taux et la durée d'assurance,
- lorsque les revenus sont élevés au moment du rachat, la déduction fiscale sur le revenu imposable, sans plafond, réduit sensiblement le coût réel de l'opération.
À l'inverse, un rachat tardif, à un âge proche du départ et avec des revenus élevés, peut se révéler très coûteux au regard du gain de pension réellement obtenu. La rentabilité dépend alors du nombre d'années de retraite nécessaires pour que le supplément de pension compense le montant versé, ce qui varie fortement d'une situation à l'autre et ne peut pas être généralisé. Ce calcul suppose en outre une certaine durée de perception de la pension après le départ : en cas de décès prématuré, le capital versé pour le rachat ne se transforme jamais en gain pour les héritiers, contrairement à une épargne classique qui, elle, entre dans la succession.
Le rachat de trimestres ne doit d'ailleurs pas être confondu avec un produit d'épargne retraite de type PER ou assurance-vie. Il ne génère aucun rendement financier et ne constitue pas un capital transmissible : il s'agit d'un mécanisme qui répare ou améliore un droit à pension, rien de plus. La décision de racheter ou d'épargner par ailleurs relève de deux logiques différentes, qu'il convient de ne pas mélanger.
Comment faire la demande ?
La démarche se déroule en plusieurs étapes. La caisse de retraite compétente, la Carsat, dispose de deux mois pour répondre à une demande d'évaluation. L'absence de réponse dans ce délai vaut rejet. En cas d'acceptation, un document appelé Évaluation de versement pour la retraite précise le montant à verser, accompagné d'un relevé de carrière régularisé.
Le paiement peut être échelonné : sur 1 à 3 ans pour un rachat de 2 à 8 trimestres, sur 1, 3 ou 5 ans à partir de 9 trimestres. Si le règlement s'étale sur plus d'un an, le solde restant dû est révisé chaque année selon l'indice prévisionnel des prix à la consommation hors tabac.
Les cotisations versées sont déductibles du revenu imposable, sans plafond, ce qui distingue ce dispositif d'autres solutions d'épargne retraite dont la déduction fiscale est plafonnée.
Le cas particulier de la retraite complémentaire Agirc-Arrco
Les années d'études supérieures et les années incomplètes peuvent aussi faire l'objet d'un rachat de points auprès de la retraite complémentaire Agirc-Arrco, en complément du rachat effectué auprès du régime de base. Les modalités et le coût de ce rachat complémentaire relèvent de l'Agirc-Arrco et ne sont pas détaillés dans la présente fiche.
Points de vigilance
Le rachat ne crée pas de trimestres « réellement cotisés ». Or seuls ces derniers sont pris en compte pour l'examen des conditions d'ouverture du droit au départ anticipé pour carrière longue. Un assuré qui rachète des trimestres dans l'espoir d'avancer sa date de départ via ce dispositif fait une confusion fréquente et coûteuse : le rachat agit sur le taux de liquidation et, en option 2, sur la durée d'assurance pour le calcul de la pension, mais jamais sur l'éligibilité à un départ anticipé pour carrière longue.
Le rachat ne peut être demandé qu'avant le dépôt du dossier de retraite. Une fois la pension liquidée, il n'est plus possible d'y recourir.
Le coût réel d'un rachat varie fortement d'une personne à l'autre. Aucun chiffre générique ne peut être communiqué sans simulation individuelle, laquelle relève d'un conseil personnalisé et sort du champ de cette fiche d'information générale.
Pour le rachat d'années d'études, l'Assurance retraite doit impérativement être la première caisse de cotisation après la fin des études : une carrière commencée dans un autre régime peut rendre le rachat impossible auprès du régime général.
Les règles et barèmes présentés ici concernent le régime général des salariés du secteur privé. Les indépendants, les professions libérales et les fonctionnaires relèvent de dispositifs de rachat distincts, avec des conditions et des coûts propres à chaque régime. L'impact d'un tel rachat sur la retraite complémentaire de ces professions constitue également un sujet à part, parfois inexistant selon la caisse concernée, qui n'est pas traité dans la présente fiche.
Le rachat de trimestres est-il rentable pour vous ?
Un bilan retraite chiffre précisément le coût du rachat et le gain réel sur votre pension, avant toute décision.
Sources officielles
- Service-public.gouv.fr : F15675.
- L'Assurance retraite : rachat de trimestres.
- Légifrance : article L. 351-14-1 du code de la sécurité sociale.
- Légifrance
- Agirc-Arrco : comment racheter des trimestres et des points.
Données vérifiées au 1er juillet 2026.
