- Oui, ces périodes comptent pour la retraite de base, à condition d'avoir été indemnisé ou d'avoir eu le statut d'assuré social : on parle de trimestres « assimilés ».
- Ils s'ajoutent aux trimestres cotisés, avec des règles de décompte propres à chaque situation et un plafond annuel de quatre trimestres.
- Aucun salaire n'est reporté pour ces périodes, ce qui peut réduire le salaire annuel moyen retenu pour le calcul de la pension.
Le principe des trimestres assimilés
Le régime général et les régimes alignés (salariés agricoles à la MSA, artisans et commerçants) fonctionnent sur un principe de solidarité. Une interruption de travail involontaire, liée à la maladie, à la maternité, au chômage ou au service national, ouvre droit à des trimestres même sans versement de cotisation sur cette période. Ces trimestres sont dits « assimilés », par opposition aux trimestres « cotisés » issus d'une activité rémunérée.
Ils comptent de la même manière que les trimestres cotisés pour déterminer la durée d'assurance totale, celle qui sert à apprécier le droit au taux plein. Mais le calcul du montant de la pension repose aussi sur les meilleures années de revenus. Une longue interruption peut donc, malgré la validation de trimestres, avoir un effet à la baisse sur le montant final si elle prive l'assuré d'années bien rémunérées.
Certains dispositifs, notamment la retraite anticipée pour carrière longue, exigent en plus un nombre minimal de trimestres réellement cotisés. Les trimestres assimilés n'y sont retenus que dans une limite précise selon la nature de l'interruption.
Les règles de décompte selon la situation
| Situation | Règle de validation | Plafond annuel |
|---|---|---|
| Maladie, accident du travail | 1 trimestre par période de 60 jours d'indemnisation journalière | 4 trimestres |
| Maternité ou adoption (depuis le 1er janvier 2014) | 1 trimestre par période de 90 jours d'indemnisation | 4 trimestres |
| Maternité (avant le 1er janvier 2014) | 1 trimestre validé au titre du trimestre civil de l'accouchement | Non applicable |
| Invalidité (depuis le 1er octobre 1986) | 1 trimestre par trimestre civil comprenant 3 mensualités de pension | 4 trimestres |
| Chômage indemnisé | 1 trimestre par tranche de 50 jours de chômage indemnisé | 4 trimestres |
| Service national (service militaire, volontariat international d'au moins 6 mois, objection de conscience) | 1 trimestre par période de 90 jours d'incorporation | 4 trimestres |
Pour la maladie et l'invalidité, aucun salaire n'est reporté sur le relevé de carrière : seul le trimestre est comptabilisé. Pour la maternité, le mécanisme est différent puisqu'il repose sur la durée d'indemnisation et non plus, depuis 2014, sur la seule date de l'accouchement.
Ces trimestres liés à l'indemnisation du congé maternité ne doivent pas être confondus avec un autre dispositif, distinct et cumulable : la majoration de durée d'assurance (MDA) pour maternité et éducation. Chaque enfant né ou adopté ouvre droit, dans le régime général, à 4 trimestres au titre de la maternité (attribués à la mère biologique) et à 4 trimestres au titre de l'éducation de l'enfant, pouvant être partagés entre les deux parents. Ces trimestres de majoration sont accordés indépendamment de toute indemnisation et ne comptent pas dans la moyenne des meilleures années de revenus utilisée pour le calcul du montant de la pension.
Le cas particulier du service national
Pour que la période de service national soit prise en compte, l'assuré doit avoir eu le statut d'assuré social avant ou après cette période. Il n'est pas nécessaire d'avoir cotisé pendant le service lui-même. La prise en compte se fait selon l'ordre suivant : le régime spécial d'appartenance s'il y en a un, à défaut le premier régime de retraite après le service, ou encore le régime où la durée d'assurance est la plus longue en cas d'affiliation simultanée à plusieurs régimes.
Si cette période n'apparaît pas sur le relevé de carrière, l'assuré peut demander un état signalétique et des services auprès du service historique de la défense pour faire régulariser son dossier.
Le cas particulier du chômage
Le chômage indemnisé valide des trimestres assimilés selon la règle des 50 jours. Le délai de carence avant indemnisation est lui-même considéré comme une période de chômage indemnisé pour ce calcul. Les périodes de chômage non indemnisé, en revanche, ne donnent droit à aucun trimestre, sauf exception limitée dans le temps prévue par certains textes.
Les périodes d'activité partielle (chômage partiel) indemnisées à compter du 1er mars 2020 sont également prises en compte, selon une règle différente : un trimestre est validé par tranche de 220 heures indemnisées sur l'année civile.
Le cas particulier du revenu de solidarité active
Le RSA ne crée aucun droit à la retraite et ne permet pas de valider de trimestre. Il en va de même pour l'ancien revenu minimum d'insertion.
Points de vigilance
Le plafond de quatre trimestres assimilés par année civile s'applique tous types de trimestres confondus lorsque plusieurs interruptions se cumulent sur la même année.
Pour le départ anticipé pour carrière longue, les trimestres assimilés ne sont retenus que dans des limites spécifiques et plus restrictives que pour le taux plein classique : par exemple 4 trimestres maximum pour le service national, le chômage indemnisé ou la maladie, et 2 trimestres maximum pour l'invalidité. La maternité, elle, n'est pas plafonnée dans ce cadre. Ce dispositif repose avant tout sur les trimestres réellement cotisés par le travail : les trimestres assimilés ne viennent qu'en complément, dans une proportion volontairement restreinte. C'est souvent à cet endroit que se logent les mauvaises surprises, lorsqu'un assuré pensait réunir assez de trimestres au total sans avoir vérifié la part réellement cotisée. Ces règles évoluent régulièrement et méritent d'être vérifiées au cas par cas avant tout projet de départ anticipé.
Les trimestres assimilés se reportent automatiquement sur le relevé de carrière, mais des anomalies restent possibles, notamment pour les périodes anciennes ou les changements de régime. Il est recommandé de vérifier régulièrement son relevé de carrière en ligne et de conserver les justificatifs correspondants, sans limitation de durée, en particulier les bulletins de salaire, attestations de chômage ou de maladie.
Ces règles concernent le régime général et les régimes alignés. Les régimes spéciaux et les régimes de la fonction publique appliquent des modalités de décompte qui peuvent différer, notamment sur le nombre de jours retenu pour valider un trimestre.
Vos périodes non travaillées sont-elles bien comptées ?
Un bilan retraite vérifie que chaque période, y compris les périodes assimilées, est bien prise en compte dans votre relevé de carrière.
Sources officielles
- L'Assurance retraite : interruptions de carrière.
- L'Assurance retraite : parentalité et droits à la retraite.
- Service-public.gouv.fr : F1761.
- Info-retraite.fr : période d'inactivité, chômage.
Données vérifiées au 1er juillet 2026.
