- La retraite de base résulte d'une formule à trois éléments : revenu annuel moyen des 25 meilleures années, taux, et durée d'assurance rapportée à la durée de référence.
- Le taux plein s'élève à 50 %, réduit par une décote ou majoré par une surcote selon les trimestres validés et l'âge de départ.
- La suspension d'une partie de la réforme de 2023 modifie l'âge légal et la durée requise pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
La formule de calcul
La retraite de base du régime général répond à une équation simple dans son principe, même si chacun de ses trois termes mérite d'être détaillé :
Retraite de base = Revenu annuel moyen × Taux × (Durée d'assurance au régime général / Durée de référence)
Le revenu annuel moyen
Il s'agit de la moyenne des salaires bruts soumis à cotisations vieillesse au cours des meilleures années de la carrière. Pour toutes les générations actives aujourd'hui, c'est-à-dire les assurés nés à partir de 1947, le calcul se base sur les 25 meilleures années. Ce nombre d'années a été atteint progressivement pour les générations plus anciennes, mais cette montée en charge est désormais achevée et ne concerne plus aucun assuré en activité.
Les salaires ainsi retenus sont plafonnés au plafond annuel de la sécurité sociale (PASS) de l'année concernée, puis revalorisés selon un coefficient basé sur l'indice des prix. Certaines périodes ne sont jamais prises en compte dans ce calcul : l'année du départ en retraite, les années où le salaire est insuffisant pour valider un trimestre, ou encore les années ayant fait l'objet d'un rachat de trimestres.
Le taux applicable
Le taux plein, aussi appelé taux maximum, s'élève à 50 %. Il s'applique automatiquement dès lors que l'assuré atteint l'âge légal de départ tout en ayant validé le nombre de trimestres requis pour sa génération, ou bien dès qu'il atteint l'âge du taux plein automatique, quel que soit son nombre de trimestres.
Si l'assuré liquide sa pension sans réunir ces conditions, une décote s'applique : le taux de 50 % est réduit de 0,625 point par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres, ce qui équivaut à une réduction de 1,25 % du montant de la pension par trimestre manquant. Le nombre de trimestres manquants retenu est le plus favorable des deux calculs possibles, celui par rapport à l'âge du taux plein automatique ou celui par rapport à la durée d'assurance requise.
À l'inverse, un assuré qui continue de travailler au-delà de l'âge légal alors qu'il dispose déjà de tous ses trimestres bénéficie d'une surcote, qui vient majorer sa pension.
La durée d'assurance
Ce troisième élément correspond au rapport entre les trimestres validés au régime général et la durée de référence exigée pour la génération de l'assuré. Ce coefficient ne peut jamais dépasser 1, la durée d'affiliation retenue étant plafonnée à la durée de référence.
L'âge légal et la durée de référence : ce qui change au 1er septembre 2026
Un décalage important intervient à cette date. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu, jusqu'en janvier 2028, la montée en charge de la réforme des retraites de 2023 pour les générations nées entre 1964 et 1968. Concrètement, deux jeux de règles coexistent selon la date d'effet de la pension.
Pour les pensions prenant effet avant le 1er septembre 2026
| Année de naissance | Âge légal | Trimestres requis pour le taux plein |
|---|---|---|
| 1960 | 62 ans | 167 |
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1964 | 63 ans | 171 |
| 1965 | 63 ans et 3 mois | 172 |
| 1966 | 63 ans et 6 mois | 172 |
| 1967 | 63 ans et 9 mois | 172 |
| À partir de 1968 | 64 ans | 172 |
Pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026
| Année de naissance | Âge légal | Trimestres requis pour le taux plein |
|---|---|---|
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1964 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1965 (né entre janvier et mars) | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1965 (né entre avril et décembre) | 63 ans | 171 |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 |
| À partir de 1969 | 64 ans | 172 |
Cette suspension bénéficie surtout aux générations 1964 et 1965. Pour les générations nées à partir de 1966, l'effet immédiat reste limité, puisqu'elles n'atteindront l'âge légal qu'après la fin prévue de la suspension.
L'âge du taux plein automatique
Indépendamment du nombre de trimestres validés, tout assuré obtient le taux plein à un âge donné, fixé selon l'année de naissance.
| Année de naissance | Âge du taux plein automatique |
|---|---|
| Avant juillet 1951 | 65 ans |
| 1952 | 65 ans et 9 mois |
| 1953 | 66 ans et 2 mois |
| 1954 | 66 ans et 7 mois |
| À partir de 1955 | 67 ans |
Points de vigilance
Deux régimes distincts à ne pas confondre. La formule présentée ici ne concerne que la retraite de base, versée par la CNAV. Le salarié du privé cotise également à la retraite complémentaire Agirc-Arrco, calculée par points selon des règles propres, avec sa propre logique de décote et de surcote. Le montant final de la pension résulte de l'addition des deux.
Une réforme suspendue, pas abrogée. La suspension votée fin 2025 ne remet pas en cause les paramètres déjà entrés en vigueur depuis septembre 2023. Elle gèle seulement leur progression pour les générations 1964 à 1968, jusqu'en janvier 2028. Passée cette date, le calendrier initial de la réforme de 2023 pourrait reprendre, sauf décision contraire du législateur. Ce point mérite d'être suivi dans les mois à venir, la situation pouvant encore évoluer d'ici l'application effective de la mesure.
Le minimum contributif. Si le calcul aboutit à une pension au taux plein mais d'un montant faible, une majoration automatique peut porter la retraite jusqu'à un montant plancher. Le montant de cette majoration dépend de la durée d'assurance validée dans le régime de base, cotisée et assimilée. Un seuil de 120 trimestres cotisés (hors périodes assimilées) conditionne l'accès au montant majoré du minimum contributif, par opposition à son montant de base.
Le cas des poly-pensionnés. Un salarié ayant cotisé à plusieurs régimes alignés (régime général, MSA salariés, sécurité sociale des indépendants) relève, s'il est né après le 1er janvier 1953, du dispositif de liquidation unique des régimes alignés (LURA). Une seule pension est alors calculée pour l'ensemble de ces régimes, avec des règles de proratisation spécifiques pour le revenu annuel moyen.
Différer son départ en fin d'année. Le revenu de l'année de départ en retraite n'est jamais retenu dans le calcul du revenu annuel moyen. Un départ au 1er janvier plutôt qu'en cours d'année permet donc, dans certains cas, d'intégrer une dernière année complète de salaire dans le calcul.
Une évolution à venir pour les mères de famille. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit de réduire le nombre d'années retenues dans le calcul du revenu annuel moyen pour les mères ayant eu des enfants : 24 meilleures années au lieu de 25 pour une mère d'un enfant, 23 années pour une mère de deux enfants ou plus. Cette mesure n'est toutefois pas encore applicable à ce jour. Elle est conditionnée à la publication d'un décret d'application, qui n'était pas encore paru au Journal officiel à la date de vérification de cette fiche, et son entrée en vigueur exacte reste donc à confirmer.
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Sources officielles
- Lassuranceretraite.fr : le montant de la retraite du régime général.
- Lassuranceretraite.fr : l'âge de départ à la retraite.
- Lassuranceretraite.fr : les mesures du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
Données vérifiées au 1er juillet 2026.
