- Président de SASU/SAS et gérant minoritaire ou égalitaire de SARL relèvent du régime général comme assimilés salariés.
- Gérant majoritaire de SARL et gérant associé unique d'EURL cotisent comme travailleurs non salariés, même sans rémunération versée.
- Ce n'est jamais la forme juridique qui détermine le régime, mais la fonction exercée et, pour les gérances de SARL, la répartition du capital social.
Le critère qui détermine le régime applicable
C'est une confusion fréquente chez les créateurs d'entreprise : le choix entre SASU et EURL, ou entre SAS et SARL, ne fixe pas automatiquement le régime de retraite. Ce qui compte, c'est la fonction exercée par le dirigeant et, pour les gérances de SARL, la répartition du capital social.
Deux grandes familles de régimes coexistent. La première rassemble les assimilés salariés, rattachés au régime général de la Sécurité sociale. La seconde regroupe les travailleurs non salariés, affiliés au régime des indépendants.
| Forme juridique | Fonction du dirigeant | Régime social applicable |
|---|---|---|
| SASU / SAS | Président, directeur général | Assimilé salarié (régime général) |
| SARL | Gérant minoritaire ou égalitaire | Assimilé salarié (régime général) |
| SARL | Gérant majoritaire | Travailleur non salarié |
| EURL | Gérant associé unique | Travailleur non salarié, assimilé de fait à un gérant majoritaire |
| SA | Président, directeur général, directeur général délégué rémunéré | Assimilé salarié (régime général) |
Pour apprécier si une gérance de SARL est majoritaire, il faut additionner les parts détenues par le gérant à celles de son conjoint, de son partenaire pacsé et de ses enfants mineurs non émancipés. Un gérant qui ne détient personnellement que 40 % des parts peut donc se retrouver classé majoritaire si son conjoint en détient 15 % de plus.
Le président de SASU ou de SAS
Dès qu'il perçoit une rémunération au titre de son mandat, le président de SASU relève du régime général de la Sécurité sociale, quelle que soit sa part de détention du capital. Il bénéficie des mêmes droits qu'un salarié classique pour la retraite de base et la retraite complémentaire, à une exception près : il ne cotise pas à l'assurance chômage.
- La retraite de base est gérée par l'Assurance retraite, dans les mêmes conditions qu'un salarié du secteur privé.
- La retraite complémentaire relève de l'Agirc-Arrco.
- Un trimestre est validé pour une rémunération soumise à cotisations égale à 150 fois le SMIC horaire brut de l'année considérée, selon les règles communes du régime général.
- Sans rémunération versée, aucune cotisation n'est due, mais aucun trimestre n'est validé au titre du mandat.
Le gérant de SARL : deux situations bien distinctes
Le gérant minoritaire ou égalitaire
Rémunéré, il relève du régime général avec le statut d'assimilé salarié. Ses cotisations et ses droits futurs sont alignés sur ceux d'un salarié classique, hors assurance chômage.
Le gérant majoritaire
Détenant plus de la moitié du capital social (seul ou avec son groupe familial), il devient travailleur non salarié dès sa désignation en cette qualité. L'affiliation au régime des indépendants découle de l'exercice de cette fonction, indépendamment du versement ou non d'une rémunération : il reste redevable de cotisations minimales même sans revenu perçu de la société.
Il cotise pour la retraite de base et pour la retraite complémentaire des indépendants (RCI), qui joue pour lui le rôle que l'Agirc-Arrco joue pour un salarié.
Le mode de calcul de ses cotisations a changé récemment. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 a réformé l'assiette sociale des travailleurs indépendants, avec une entrée en vigueur juridique fixée au 1er janvier 2025. Concrètement, les cotisations et la CSG-CRDS reposent désormais sur une seule assiette (le revenu professionnel brut, diminué d'un abattement forfaitaire de 26 %) là où deux bases de calcul distinctes coexistaient auparavant. Ce nouveau mode de calcul s'applique aux cotisations dues depuis le 1er janvier 2025, mais leur régularisation définitive, une fois les revenus réels de 2025 connus, n'est intervenue qu'au printemps 2026, après la campagne de déclaration des revenus. Il ne faut donc pas confondre la date d'entrée en vigueur du texte et le moment où ses effets se sont matérialisés concrètement sur les avis de cotisation.
Le gérant associé unique d'EURL
Sur le plan social, il est systématiquement traité comme un gérant majoritaire de SARL. Il relève donc du régime des travailleurs non salariés, avec affiliation dès la création de la société, y compris s'il ne perçoit aucune rémunération.
La retraite progressive pour les dirigeants assimilés salariés
Contrairement à une idée répandue, la retraite progressive n'est pas réservée aux salariés ordinaires. Depuis le 1er janvier 2022, les mandataires sociaux assimilés salariés (président de SAS ou de SASU, gérant minoritaire ou égalitaire de SARL) peuvent y accéder. Un décret paru en juillet 2025 a par ailleurs abaissé le seuil d'âge d'entrée dans le dispositif.
| Condition | Règle applicable depuis le 1er septembre 2025 |
|---|---|
| Âge minimum | 60 ans, quelle que soit l'année de naissance |
| Durée d'assurance | Au moins 150 trimestres validés, tous régimes de base confondus |
| Nature de la réduction exigée | Exercice d'une activité à temps partiel, comprise entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle du travail |
Pour un dirigeant assimilé salarié, c'est bien la durée de travail qui est réduite, et non un pourcentage de rémunération visé comme condition d'accès : la logique de baisse de revenus s'applique, elle, aux travailleurs indépendants demandant une retraite progressive. Une fois entré dans le dispositif, le dirigeant assimilé salarié perçoit une fraction de sa pension calculée sur les droits déjà acquis au régime général et à l'Agirc-Arrco, et continue de cotiser sur son activité réduite pour améliorer encore ses droits avant la liquidation définitive.
Points de vigilance
Les dividendes perçus en tant qu'associé n'ouvrent aucun droit à la retraite dans le régime des assimilés salariés, quelle que soit la forme juridique de la société. Seule une rémunération soumise à cotisations sociales génère des trimestres.
Pour un dirigeant travailleur non salarié, la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant d'associé est réintégrée de plein droit dans l'assiette des cotisations sociales dès lors que la société est soumise à l'impôt sur les sociétés, sans que le dirigeant puisse s'y soustraire par choix. Cette assiette réintégrée sert de base à l'ensemble des prélèvements sociaux du dirigeant, y compris la CSG et la CRDS ; seule la part affectée aux cotisations vieillesse contribue effectivement à ses droits futurs de retraite.
Un gérant majoritaire de SARL ou un gérant d'EURL non rémunéré reste redevable de cotisations minimales. Cette cotisation minimale de retraite de base, assise depuis 2023 sur une assiette plancher de 450 fois le SMIC horaire brut de l'année considérée, a en principe vocation à valider 3 trimestres d'assurance vieillesse par an. Ce nombre n'est cependant pas garanti dans toutes les situations : en cas de départ à la retraite en cours d'année, le nombre de trimestres réellement validés dépend de la date d'arrêt du compte retenue par la caisse, et peut être inférieur à 3 même si la cotisation minimale a été intégralement versée.
Un changement dans la répartition du capital en cours de vie sociale peut faire basculer un gérant du statut minoritaire au statut majoritaire, ou inversement, avec un changement corrélatif de régime de retraite.
Les dirigeants de sociétés coopératives et participatives (Scop) bénéficient, en principe, de la qualité de salarié, y compris pour l'assurance chômage. Cette assimilation reste toutefois conditionnée, selon la loi du 19 juillet 1978, au fait qu'ils perçoivent une rémunération au titre de leurs fonctions et qu'ils ne soient pas déjà rémunérés à un autre titre : elle n'est donc pas automatique dans toutes les situations.
Cette fiche présente les règles de principe. Le classement exact d'une situation individuelle (répartition du capital, présence d'un conjoint associé, cumul de mandats) peut nécessiter une vérification spécifique auprès de l'Urssaf ou d'un professionnel du droit des sociétés.
Quel que soit le statut social retenu, l'âge légal de départ et la durée d'assurance requise pour le taux plein suivent le même cadre général, lui-même récemment modifié. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) suspend, jusqu'en 2028, le relèvement de l'âge légal et de la durée d'assurance issu de la réforme de 2023, pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
| Année de naissance | Âge légal avant suspension | Âge légal à partir du 1er septembre 2026 | Trimestres requis avant suspension | Trimestres requis à partir du 1er septembre 2026 |
|---|---|---|---|---|
| 1964 | 63 ans | 62 ans et 9 mois | 171 | 170 |
| 1965 (né entre janvier et mars) | 63 ans et 3 mois | 62 ans et 9 mois | 172 | 170 |
| 1965 (né entre avril et décembre) | 63 ans et 3 mois | 63 ans | 172 | 171 |
| 1966 | 63 ans et 6 mois | 63 ans et 3 mois | 172 | 172 |
| 1967 | 63 ans et 9 mois | 63 ans et 6 mois | 172 | 172 |
| 1968 | 64 ans | 63 ans et 9 mois | 172 | 172 |
Pour les personnes nées à partir de 1969, l'âge légal de 64 ans reste inchangé par cette suspension.
Quel régime s'applique vraiment à votre statut de dirigeant ?
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Sources officielles
- Urssaf.fr : choisir la forme juridique de sa société.
- Entreprendre.service-public.gouv.fr : le statut social du dirigeant (fiche F36235).
- Lassuranceretraite.fr : la retraite progressive.
- Urssaf.fr : la réforme des cotisations des indépendants.
- Entreprendre.service-public.gouv.fr : actualité relative aux dirigeants d'entreprise.
- Legislation.lassuranceretraite.fr : circulaire Cnav 2024-24.
Données vérifiées au 4 juillet 2026.
