- Deux régimes coexistent : le cumul intégral, qui autorise à cumuler pension et revenu d'activité sans aucune limite, et le cumul plafonné, soumis à un seuil de revenus.
- Le cumul intégral suppose d'avoir liquidé toutes ses retraites, de base comme complémentaires, dans tous les régimes, et d'avoir obtenu le taux plein.
- Depuis le 1er septembre 2023, l'activité exercée en cumul intégral peut ouvrir droit à une seconde retraite, mais ce droit n'est jamais automatique : il doit être demandé expressément.
Deux régimes de cumul selon la situation de l'assuré
L'accès au cumul intégral repose sur deux conditions cumulatives, et non sur un seul critère.
Le cumul intégral
Pour cumuler intégralement pension et revenu d'activité, sans aucun plafond, il faut d'abord avoir liquidé toutes ses retraites, de base comme complémentaires, dans l'ensemble des régimes dont l'assuré relève, qu'ils soient français, étrangers ou rattachés à une organisation internationale. Cette liquidation complète doit ensuite s'accompagner du taux plein.
| Voie d'accès au taux plein | Condition à remplir |
|---|---|
| Taux plein par la durée d'assurance | Avoir obtenu une pension de retraite de base à taux plein entre 62 et 67 ans, en justifiant du nombre de trimestres exigé selon l'année de naissance |
| Taux plein automatique | Avoir obtenu une pension de retraite de base à taux plein à 67 ans ou plus, quel que soit le nombre de trimestres |
Certaines activités, dites librement cumulables (activités artistiques, consultations occasionnelles, mandat électif indemnisé, activité de faible importance, entre autres), permettent aussi un cumul intégral même sans taux plein, sous réserve de règles propres à chacune d'elles.
Si les deux conditions ci-dessus sont réunies, la reprise d'activité est possible dès l'admission à la retraite. Chez le dernier employeur, en revanche, un délai de six mois s'impose depuis le 1er septembre 2023 pour ouvrir droit à un supplément de pension. Ce délai ne conditionne pas le versement de la pension elle-même dans le cadre du cumul intégral : il conditionne uniquement l'acquisition de nouveaux droits, décrite plus loin.
Une exception existe pour les assurés dont la retraite a été liquidée avant le 15 octobre 2023 : ils sont dispensés de ce délai de carence pour reprendre une activité chez leur dernier employeur.
Le cumul plafonné
Si l'une des deux conditions du cumul intégral n'est pas remplie, une activité reste possible, mais dans une certaine limite de revenus.
| Référence retenue | Mode de calcul |
|---|---|
| Plafond SMIC | 160 % du SMIC au 1er janvier de l'année, calculé sur la base de 1 820 heures annuelles |
| Dernier salaire d'activité | Moyenne mensuelle des salaires soumis à CSG perçus au cours des 3 derniers mois d'activité avant l'admission à la retraite |
C'est le montant le plus favorable à l'assuré, entre ces deux références, qui sert de plafond. Le total mensuel formé par les retraites, de base et complémentaires, et le nouveau revenu d'activité ne doit pas dépasser ce plafond. En cas de dépassement, chaque pension de retraite de base est réduite du montant du dépassement constaté ; si cette réduction dépasse le montant de la pension elle-même, celle-ci n'est plus versée. Les textes généraux ne prévoient pas d'ordre de priorité entre base et complémentaire pour les salariés du régime général : c'est bien la pension de base qui absorbe directement le dépassement, selon les modalités fixées par le Code de la sécurité sociale.
Signaler tout changement de revenu d'activité à sa caisse permet de faire réajuster sans délai le montant de la pension.
Concernant le calendrier de reprise, la logique est identique à celle du cumul intégral : aucun délai chez un nouvel employeur, six mois d'attente chez le dernier employeur. Faute de respecter ce délai, le versement de la pension de base est suspendu entre le premier jour du mois de reprise et le dernier jour du mois de cessation de l'activité, ou au plus tard jusqu'au sixième mois suivant l'admission à la retraite.
La seconde retraite : un droit ouvert depuis le 1er septembre 2023, jamais automatique
Le mécanisme de seconde retraite est entré en vigueur le 1er septembre 2023. Il prend toutefois en compte les périodes d'activité effectuées à compter du 1er janvier 2023, à condition que les autres critères du cumul intégral soient par ailleurs satisfaits. Ce mécanisme ne concerne que le cumul intégral : en cumul plafonné, les cotisations continuent d'être prélevées, mais elles n'ouvrent aucun droit supplémentaire et les pensions ne sont pas recalculées.
Plusieurs règles encadrent ce dispositif :
- les périodes cotisées à compter du 1er janvier 2023, dans le cadre d'un cumul intégral, donnent droit à une seconde retraite, calculée à taux plein et sans possibilité de décote ni de majoration ;
- le respect du délai de six mois chez le dernier employeur conditionne l'ouverture de ce droit, sauf pour les retraites liquidées avant le 15 octobre 2023 ; à défaut, aucun nouveau droit n'est constitué au titre de cette activité ;
- le montant de cette seconde retraite ne peut pas dépasser 2 403 euros brut par an, plafond correspondant à 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale ;
- l'activité en cumul intégral permet également d'acquérir de nouveaux droits auprès de la caisse de retraite complémentaire Agirc-Arrco ;
- son attribution n'est en aucun cas automatique. L'assuré doit la demander expressément, une fois son activité de cumul définitivement arrêtée, via le service en ligne dédié sur le site Info Retraite. Sans cette démarche, les périodes cotisées durant le cumul ne débouchent sur aucun versement complémentaire ;
- une même caisse de retraite de base ne peut attribuer qu'une seule fois cette nouvelle pension à un même assuré.
Les démarches à accomplir lors de la reprise
Toute reprise d'activité doit être signalée par écrit à la caisse régionale dans le mois qui suit son démarrage, quel que soit le régime de cumul concerné. La déclaration précise l'identité de l'employeur et la date de début d'activité. En cumul intégral, une attestation sur l'honneur listant les caisses de retraite concernées est également exigée. En cumul plafonné, des justificatifs relatifs aux revenus perçus avant le départ en retraite, dont les trois derniers bulletins de salaire, sont à fournir, puisqu'ils servent à déterminer le plafond applicable.
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Points de vigilance
Le dispositif actuel de création de droits reste pleinement en vigueur. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 prévoit une réforme du cumul emploi-retraite, mais celle-ci ne s'appliquera qu'aux assurés dont la première pension prend effet à compter du 1er janvier 2027. Les règles décrites dans cette fiche continuent donc de s'appliquer aux retraités actuels.
L'âge légal évolue selon la date de départ. Pour les retraites liquidées avant le 1er septembre 2026, l'âge légal suit encore le calendrier de la réforme de 2023, avec un plafond à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968. Pour les retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026, la suspension votée dans la LFSS 2026 modifie ce calendrier pour les générations 1964 à 1968 : l'âge légal se limite alors à 63 ans et 9 mois au maximum sur cette période. Cette suspension ne remet pas en cause le mécanisme de seconde retraite décrit plus haut.
La reprise chez le dernier employeur obéit à des règles particulières, avec une exception pour les retraites liquidées avant le 15 octobre 2023. Une activité chez un nouvel employeur peut, elle, démarrer dès l'admission à la retraite, sans délai à respecter.
En cas de dépassement du plafond en cumul plafonné, c'est la pension de base qui est directement réduite du montant du dépassement, sans qu'un texte général ne prévoie de mécanisme de report automatique sur la complémentaire pour les salariés du privé. Des dispositions spécifiques existent pour certains régimes spéciaux (Opéra de Paris, marins, mines, salariés agricoles), à vérifier directement auprès de la caisse concernée.
La reprise avant l'âge légal reste très encadrée, sans que la règle applicable soit uniforme : elle dépend du motif du départ anticipé et des conditions concrètes de la reprise. Il convient de se rapprocher de sa caisse pour connaître les modalités précises dans ce cas de figure.
Ce dispositif est distinct de la retraite progressive, qui permet de percevoir une fraction de sa pension tout en réduisant son temps de travail, avant liquidation définitive des droits. Les deux mécanismes répondent à des logiques différentes et ne doivent pas être confondus.
Les règles présentées concernent le régime général des salariés du privé. Les travailleurs indépendants, les fonctionnaires et les assurés relevant de régimes spéciaux sont soumis à des conditions spécifiques, non traitées dans cette fiche.
Sources officielles
- Service-public.gouv.fr : le cumul emploi-retraite (fiche F13243).
- Lassuranceretraite.fr : cumuler emploi et retraite.
- Service-public.gouv.fr : actualité sur la réforme du cumul emploi-retraite (LFSS 2026).
- Info-retraite.fr : la réforme des retraites et l'âge légal.
Données vérifiées au 2 juillet 2026.
